Se relire n’est pas un acte aussi simple qu’il n’y paraît. Se relire sous-entend d’avoir les compétences pour identifier les erreurs et les corriger. Se relire est un processus actif qui passe par des questions à se poser et des interventions.
Pour aider les enfants à relire leur dictée, il est possible de créer un guide de relecture des dictées qui va leur proposer une méthodologie qui deviendra petit à petit un automatisme.
Un bon guide de relecture comporte les caractéristiques suivantes :
• être facile et rapide à utiliser (et donc simple, pas trop chargé en informations et illustrations)• être précis (pas de vérifications de choses déjà acquises ou, au contraire, correspondant à des notions pas encore étudiées en classe par exemple)• être pratique et esthétique (avec des consignes compréhensibles utilisant un vocabulaire connu de l’enfant et lui indiquant des consignes claires)• être adapté aux besoins et au niveau de l’enfant (selon ses faiblesses et erreurs récurrentes)La relecture d’une dictée porte l’attention de l’élève sur la forme de ce qu’il a écrit (ponctuation, majuscules…) et donne des ressources pour revoir l’orthographe (lexicale et grammaticale) et la conjugaison.
Se relire permet d’identifier et de corriger les erreurs avec l’objectif d’écrire un texte correct d’un point de vue orthographique. L’ambition est de rendre un texte sans aucune erreur de ponctuation, de grammaire ou d’orthographe afin qu’il soit agréable à lire pour les lecteurs et tout à fait compréhensible. En effet, l’écriture sert à communiquer. Communiquer, c’est transmettre des pensées ou des informations. Quand les erreurs sont trop importantes, la fonction même de communication disparaît car l’autre n’arrive pas à comprendre les mots qui lui sont adressés.
De plus, même quand les erreurs ne rendent pas le texte complètement incompréhensible, c’est plus long et fatigant de lire un texte avec des erreurs car cela force à jouer aux devinettes ou à faire des allers retours dans le texte pour saisir le sens global.
Les enfants pourront avoir une préférence pour l’ordre dans lequel les éléments seront vérifiés. Ainsi, certains préféreront peut-être travailler phrase par phrase et vérifier tous les éléments au sein d’une même phrase avant de passer à la suivante. D’autres préfèreront peut-être procéder par objet (d’abord, tous les accords verbe/ sujet du texte puis revenir au début et vérifier les accords dans tous les groupes nominaux les uns après les autres…).
Il s’agit de déterminer la forme à donner au guide de relecture de la dictée : il peut prendre la forme d’une checklist (les éléments sont mentionnés ligne à ligne avec un numéro devant), d’un schéma type carte mentale, d’une forme d’escalier où l’on monte des marches à chaque étape vérifiée, de fiches cartonnées agrafées à tourner…
Le guide peut être proposé comme sous-main, dans une pochette plastique transparente ou plastifié afin que l’enfant coche les éléments au fur et à mesure. Il peut aussi prendre la forme d’un livret ou encore d’un marque page.
Il est important de créer une continuité entre ce qui est étudié en classe et ce qui est proposé comme aide à la maison ou en remédiation/ soutien scolaire. Il s’agit d’utiliser les mêmes codes couleurs, les mêmes pictos grammaticaux, les mêmes abréviations et les mêmes dénominations que dans les leçons de l’enfant.
Une fois le guide élaboré et réalisé, il est utile de le tester avec l’enfant afin de déterminer s’il est facile d’accès, rapide à mobiliser et adapté à ses besoins. Il est très probable de devoir réaliser plusieurs versions avant d’arriver à un guide idéal. Celui-ci est voué à évoluer dans le temps en fonction des améliorations et des nouvelles leçons vues en classe (comme l’accord des participes passés avec le COD antéposé au passé composé avec l’auxiliaire avoir).
En procédant de cette manière systématiquement, il restera de moins en moins d’erreurs à chaque production d’écrits car la mémoire enregistre les orthographes usuelles, les procédures de réflexion sont automatisées (accords sujet/ verbe, nom/adjectif…) et les mots sur lesquels on se trompe souvent sont plus vite repérés pour une surveillance rapprochée !
Différents types de dictées
A) La dictée avec aides : Les élèves soulignent au crayon de papier leur doute et disposent d’un temps de relecture utile où ils consultent après la dictée des outils référents – possibilité de guidage de l’enseignant.
B) La dictée dialoguée : Toutes les questions peuvent être posées à l’enseignant ou entre enfants sauf la demande de bonne réponse – Pour diriger le questionnaire, interdiction d’employer le nom des lettres dans les questions posées. (Ex : est-ce que …est un verbe / est-ce qu’il y a une consonne double ? …)
C) Dictée négociée : A partir d’une dictée faite individuellement, est organisé un travail de groupe ou en binôme où les élèves comparent leur texte, discutent et se mettent d’accord sur un seul texte à rendre – Cette forme de travail favorise la
verbalisation, la co- construction et la coopération.Ce type de travail peut être mené en production écrite : écrit court et régulier du type phrase du jour …D) Dictée de groupe :
La compétence étant ici avant tout d’apprendre à utiliser l’outil nécessaire en cas de doute.L’enseignant constitue des groupes hétérogènes de 4 élèves : un est responsable de copier, un cherche dans le dictionnaire, un dans l’outil de conjugaison, un est responsable de ce qui s’écrit. Chaque groupe rédige une affiche qui sera fixée au tableau et comparée pour un débat argumenté dans chaque groupe. Le maître intervient seulement si la classe entière valide une orthographe erronée.Chaque élève recopie au propre la dictée sur son cahier – Le texte solution est au fond de la classe pour correction après vérification de l’enseignant.E) Dictée copiée ou différée :
But : Mémoriser un ensemble de mots mis en relation les uns aux autres.Lecture d’un texte puis au verso écrire ce texte dicté par l’enseignant : quand l’enfant a un doute, il retourne sa feuille pour vérifier. Il entoure le mot ou le groupe de mots qui lui a posé problème dans l'écriture.L’objectif de l’élève est d’écrire la dictée en retournant le moins de fois possible la feuille : Il peut comparer l’évolution en comptant le nombre de mots ou de groupe de mots entourés.Ensuite, on peut programmer des situations d'apprentissages en fonction des difficultés rencontrées (grâce aux mots ou groupes de mots entourés) et ainsi proposer même un travail individualisé en fonction des besoins des élèves.F) Dictée frigo :
But: Acquérir l’aptitude à l’auto correctionL’enseignant dicte, les enfants écrivent au brouillon – Les feuilles sont ramassées et mises au frigo. Le texte solution est distribué – Les élèves soulignent les mots dans lesquels ils pensent avoir fait des erreurs.La classe par des échanges étudie les passages délicats et analyse.Les textes solutions sont ramassés et les brouillons ressortis pour correction et copie du texte définitif sur le cahier du jour.G) La dictée préparée / autodictée :
But : traitement collectif de problèmes posés par le texte.Avant la dictée en individuelle ( celle-ci peut être à trous ou à choix multiples pour les élèves en difficulté en précisant avant l’objectif visé comme par exemple, l’accord du verbe ).La dictée à choix multiples est intéressante car chez certains enfants, on remarque que la forme du mot est stockée en mémoire mais n’arrive pas à être récupérée.H) La dictée guidée : on annonce l’objectif ou les objectifs avant (rappel) puis l’enseignant dicte le texte.
La relecture est guidée (par exemple : si l’objectif est l’accord du verbe à l’imparfait, on fera rechercher les verbes/ les sujets – si l’objectif est l’accord du GN, on fera repérer les déterminants …).I) La dictée quotidienne : pour travailler des automatismes.
Rituel d’une vingtaine de minutes où les élèves écrivent la phrase du jour voire 2 phrases– Correction collective avec discussion – Copie des phrases exactes sur la feuille.Le jour suivant, sur la même feuille, écriture d’une nouvelle phrase toujours d’une dizaine de mots, 2 phrases …Un des intérêts est de proposer un noyau que l’on va faire évoluer en fonction de la notion à laquelle on s’attache – l’intérêt est que l’élève se pose les bonnes questions : ce qui a changé, ce qui est pareil… (Ex : la jolie fille se prépare et va au cinéma/ Lesjolies filles se préparent et vont au cinéma/ …)
J) La dictée reconstituée: le texte complet est écrit au tableau, on commente collectivement les problèmes et on les remplace par un idéogramme (ex : pour la marque du pluriel/ pour un homonyme) puis les élèves recopient et complètent seuls le texte.
k) La dictée de mots : notamment pour travailler l’accord du groupe nominal – les graphies différentes selon la loi de positionnement –
L) La dictée sondage : avant une activité orthographique (évaluation diagnostique) et afin d’organiser un échange constructif et une recherche.